Streaming audio : les artistes gagnent-ils vraiment plus qu’avant ?

Illustration du financement des artistes via streaming
Le marché de la rémunération via stream est saturé

Dans l’univers de la musique en streaming audio, une question revient sans cesse : est-ce que les artistes gagnent vraiment plus qu’avant, à l’heure des millions de chansons disponibles en quelques clics ? Avec l’explosion des plateformes comme Spotify, Deezer ou Apple Music, beaucoup de fans de musique veulent comprendre comment fonctionnent les revenus, ce qu’un stream rapporte réellement, et si ce modèle profite davantage aux créateurs aujourd’hui qu’à l’époque des CDs ou des téléchargements numériques. En réalité, bien que certains artistes touchent des sommes jamais vues, la majorité se retrouve à jongler avec des paiements fragmentés, des intermédiaires et un système qui n’a pas fini d’évoluer.

Comment fonctionne la rémunération dans le streaming audio

Le streaming musique ne paie pas comme un ancien salaire ou une vente d’album. Lorsqu’un auditeur lance une chanson, la plateforme collecte des revenus issus des abonnements payants et de la pub, puis les répartit dans un pool global de royalties. Ce système pro-rata implique que chaque artiste reçoit une part en fonction du nombre total de streams qu’il génère comparé à l’ensemble des écoutes sur la plateforme. Spotify, afin de mettre cela en perspective pour 2025, verse en moyenne entre 0,003 $ et 0,005 $ par stream, ce qui signifie qu’il faut des centaines de milliers, voire des millions d’écoutes pour générer une somme significative pour un artiste ; mais ces chiffres ne vont pas directement à l’artiste : ils passent d’abord par les labels ou distributeurs avant d’atteindre le créateur lui-même .

Dans les faits, un artiste indépendant qui atteindrait 100 000 streams pourrait toucher quelque 300 $ à 500 $ environ, avant toute déduction de contrat ou de distribution, ce qui n’est pas une somme énorme comparée aux milliers de dollars que pouvait rapporter la vente de CDs ou de téléchargements à une époque où le marché était moins saturé. Apple Music, Tidal ou Qobuz, par exemple, paient en moyenne un peu plus par stream que Spotify, mais ces plateformes ont des audiences plus restreintes, donc l’impact sur les revenus totaux peut rester limité pour beaucoup de musiciens .

Illustration du financement des artistes via streaming
Le marché de la rémunération via stream est saturé

Les différences entre les stars mondiales et les artistes émergents

Au sommet du streaming audio, les chiffres peuvent sembler presque irréels pour certains noms bien établis. Par exemple, des rapports récents montrent que plusieurs artistes ont généré des dizaines de millions de dollars en royalties uniquement via Spotify ou d’autres services, avec des artistes comme Taylor Swift ou The Weeknd parmi les plus rémunérés en streaming en 2024, en dépit des débats passés sur la juste rémunération dans le streaming . Ces succès spectaculaires font parfois penser que le streaming finance enfin mieux les artistes qu’avant, mais ce n’est qu’une partie de l’histoire.

Pour la majorité des musiciens, en particulier ceux qui ne dominent pas les playlists mondiales ou qui ne disposent pas d’un catalogue gigantesque, les revenus du streaming restent modestes. L’algorithme pro-rata favorise souvent les titres les plus joués, ce qui signifie que les montants revenant à des artistes émergents ou de niche sont très fractionnés : des écoutes isolées ne suffisent pas à générer des revenus consistants, ce qui les pousse à combiner streams, concerts, merchandising et synchronisations pour compléter leurs revenus .

Les plateformes et la transformation du modèle économique

Le modèle économique du streaming ne cesse d’évoluer. Certaines plateformes et sociétés de gestion des droits cherchent à rendre la répartition des revenus plus équitable. Par exemple, Deezer et la SACEM ont introduit un modèle centré sur l’artiste, qui augmente la part des revenus versés aux musiciens réellement écoutés, tout en éliminant les faux streams et les bruits parasites du calcul des royalties .

Par ailleurs, Spotify a ajusté en 2024 sa politique en supprimant la rémunération pour les titres qui ne dépassent pas un certain seuil de streams annuels, redistribuant ainsi ces fonds vers les chansons les plus écoutées. Ce type de mesure illustre une tendance vers la redistribution et la lutte contre les abus, même si cela ne change pas fondamentalement la réalité pour la majorité des artistes qui doivent accumuler des millions d’écoutes pour augmenter leurs revenus .

Plateforme

Paiement estimé par stream (2025)

Revenus approximatifs pour 1 000 000 streams

Spotify

0,003 $ – 0,005 $

~3 000 $ – 5 000 $

Apple Music

~0,008 $

~8 000 $

Tidal

~0,012 $

~12 000 $

Deezer

~0,0064 $

~6 400 $

Qobuz

~0,0187 $

~18 700 $

Ces chiffres restent des moyennes et varient selon les contrats, le pays d’écoute, l’abonnement des auditeurs et d’autres paramètres liés au modèle de streaming. Source – PEEKSOUND

Comparaison avec les revenus d’avant le streaming

À l’ère des supports physiques et du téléchargement numérique, les revenus par vente d’un album ou d’un single pouvaient sembler plus directs : acheter un CD à 15 $ pouvait rapporter plusieurs dollars nets à un artiste selon son contrat, ce qui, proportionnellement, pouvait être plus avantageux que d’obtenir des fractions de centime par stream aujourd’hui. Cependant, le streaming a considérablement élargi l’accès à la musique : des millions de fans peuvent écouter un titre à tout moment, ce qui a créé de nouvelles opportunités de découverte et de fidélisation de l’audience.

Cela dit, pour beaucoup de musiciens, notamment les indépendants ou de niche, le streaming ne suffit pas à remplacer les revenus directs d’avant, d’où l’importance de multiplier les sources de revenus, comme les concerts ou les ventes de produits dérivés. Ce modèle hybride, bien que fragmenté, reflète l’adaptation de la musique à l’économie numérique moderne.

Illustration du financement des artistes via streaming
Le montant que touche les artistes via streaming varie

Perspectives et défis pour les artistes

Alors, les artistes gagnent-ils vraiment plus qu’avant avec le streaming audio ? La réponse est nuancée. D’un côté, les artistes les plus populaires gagnent des sommes historiques grâce aux audiences globales et à l’essor du streaming, eux qui autrefois dépendaient des ventes physiques ou des radios. De l’autre, la majorité des créateurs se heurtent encore à des revenus modestes, car les paiements par stream restent faibles et les parts sont souvent réparties via des labels ou distributeurs. De nombreux acteurs de l’industrie appellent à un modèle plus transparent, plus centré sur l’artiste, et plus équitable pour valoriser la diversité musicale.

Ce débat met en lumière une réalité : le streaming audio a transformé le paysage musical, mais il n’a pas encore égalisé les conditions économiques pour tous. La musique continue d’être un art et un métier où passion et stratégie doivent coexister pour que les artistes puissent vivre de leur art.

Vous pouvez par ailleurs profiter de centaines de milliers de chansons en streaming sur Playup, une plateforme qui vous permet d’écouter vos artistes préférés partout, tout en soutenant indirectement l’écosystème musical moderne.

FAQ – Streaming audio et revenus des artistes

Le streaming paie-t-il réellement les artistes ?

Oui, mais les paiements par stream sont faibles et varient selon les plateformes, les contrats et le type d’abonnement des auditeurs. Les artistes reçoivent souvent leur part après passage par labels ou distributeurs.

Combien faut-il de streams pour gagner de l’argent ?

Sur des plateformes comme Spotify, il faut souvent des dizaines de milliers de streams pour atteindre des revenus significatifs, car chaque stream vaut seulement quelques fractions de centime.

Les artistes indépendants gagnent-ils autant que les stars ?

Non, les stars bien établies gagnent beaucoup plus car elles accumulent énormément de streams globaux, tandis que les artistes émergents doivent souvent compléter leurs revenus par d’autres sources.

Est-ce que toutes les plateformes paient la même chose ?

Non, certaines plateformes comme Qobuz ou Tidal paient en moyenne plus par stream que d’autres, mais leur audience est souvent plus restreinte.

Le streaming audio a-t-il tué les autres formes de revenus pour les artistes ?

Pas totalement : le streaming a redéfini le marché, mais les concerts, le merchandising et les synchronisations restent des revenus importants pour les artistes.

 

*IMAGES IA

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